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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 08:40

En cette année 2015, de nombreuses initiatives sont prises pour commémorer le 120e anniversaire de la CGT.

Il me paraît opportun de rappeler que le syndicalisme ne se limite pas au niveau confédéral et que l’histoire de ses diverses structures et des relations entre elles recèle une grande richesse.

Dans cet esprit, je crois devoir reprendre ici le document qui figure en annexe à mon ouvrage numérique « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet » (site Calameo).

On verra bien , le cas échéant, que ce rappel n’est pas une clause de style ou une formalité sans suite.

                        Le syndicalisme des fonctionnaires,

                           acteur de l’histoire administrative

                      Etat des lieux de la recherche historique

 

Dans les premières années du XXe siècle, les questions concernant l’Etat et ses relations avec les fonctionnaires et agents publics et les questions concernant le droit public faisaient l’objet de débats qui trouvaient leur expression dans des rapports, articles, études et ouvrages dont il est remarquable qu’ils traitaient du mouvement syndical naissant des fonctionnaires frappé d’interdiction mais fortement présent sur l’échiquier social. Il se confirmera de façon constante que si l’histoire de l’administration et de la fonction publique et celle du syndicalisme des fonctionnaires sont distinctes, elles ont indissociables.

Pourtant pendant des décennies, l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires n’a véritablement inspiré aucun auteur. Dans les années 1970-1980, plusieurs ouvrages concernant le mouvement syndical des postiers ( Georges Frischmann, Histoire de la fédération CGT des PTT, Editions sociales 1967 ) et celui des enseignants ( Robert Cheramy, La FEN, 25 ans d’unité syndicale, Epi éditeurs, 1974, Paul Delanoue, Les enseignants, Edtions sociales 1973…) ont paru. Mais indépendamment des textes publiés avant 1939, il n’en existait que très peu, notamment ceux d’Yves Saint-Jours, Marcel Piquemal ou Jeanne Siwek-Pouydesseau, traitant de certains aspects de l’histoire générale du mouvement syndical des fonctionnaires. Le plus notable était le gros ouvrage d’André Tiano datant de 1957, Les traitements des fonctionnaires et leur détermination 1930-1957 dont la deuxième partie était composée de plusieurs chapitres consacrés à cette histoire, mais rarement cité dans les bibliographies.

Pour connaître cette histoire et mesurer sa portée sur l’évolution des problèmes généraux de la fonction publique, il fallait appréhender les structures du mouvement syndical, ses orientations, ses relations avec l’Etat, son fonctionnement interne et le cas échéant la personnalité de ses responsables. On ne pouvait accéder à cette connaissance sans consulter, étudier, analyser – comme dans toute recherche historique- un ensemble de documents d’archives parmi lesquels les journaux bulletins et circulaires tiennent une place de choix. Dans cet ensemble législatif, réglementaire et jurisprudentiel, il est d’autre part plus indispensable que partout ailleurs de se référer aux textes.

Dans la plupart des organisations syndicales, la question de la conservation des archives a été longtemps négligée. Certaines n’ont retrouvé que beaucoup plus tard des éléments qu’elles croyaient perdus. Les archives de la Fédération générale des fonctionnaires constituée en 1909 et qui était jusqu’à son remplacement en mars 1946 par l’Union générale des fédérations de fonctionnaires, la grande organisation représentative de ce mouvement syndical avaient disparu pendant la Seconde guerre mondiale. Les documents disponibles étaient essentiellement la collection complète de La tribune du fonctionnaire. Ce journal créé en 1913, mensuel puis bi-mensuel devenu hebdomadaire pendant les années de l’entre-deux-guerres, a paru pendant plus de 70 ans.

 

En 1979 et 1981, sur le fondement d’une consultation de ces archives, un ouvrage en deux volumes a été publié :

- Les fonctionnaires sujets ou citoyens ?

Tome I - Le syndicalisme des origines à la scission de 1947-1948, Editions sociales, 1979 370 pages

Tome II - Le syndicalisme de la scission de 1947-1948 à avril 1981, 1981, 378 pages.

Jeanne Siwek-Pouydesseau, qui avait publié en 1970-1971 des études concernant l’élaboration du statut général des fonctionnaires, le Conseil supérieur de la fonction publique, la participation, a produit plusieurs ouvrages de référence également fondés sur la collection de La tribune des fonctionnaires, sur d’autres documents, sur des rencontres avec d’anciens responsables syndicaux, et s’appliquant à un champ plus étendu d’organisations des services publics affiliées aux diverses confédérations ou autonomes :

- Le syndicalisme des fonctionnaires jusqu’à la guerre froide 1848-1948, Presses universitaires de Lille, 1989 ;

- Les syndicats de fonctionnaires depuis 1948, PUF 1989 ;

- Les syndicats des grands services publics et l’Europe, L’Harmattan1993 ;

- Les syndicats des fonctions publiques au XXe siècle, Berger-Levrault, 2001.

Sous bénéfice d’inventaire, dès lors que la Fédération de l’Education nationale (FEN) était aussi une des fédérations représentatives des fonctionnaires, les auteurs d’ouvrages consacrés au syndicalisme enseignant ont été conduits de façon plus ou moins large selon les périodes, à évoquer divers aspects de l’histoire générale du syndicalisme des fonctionnaires, mais il semble que ces références soient restées assez limitées. Aujourd’hui l’Institut de recherches de la FSU et le centre Aigueperse produisent des études.

En revanche, alors que l’Institut CGT d’histoire sociale, constitué en 1982, a apporté une contribution importante à l’histoire du syndicalisme, relayée efficacement par des instituts régionaux et par des instituts rattachés à un certain nombre de branches professionnelles, il n’existe toujours pas d’institut CGT d’histoire sociale pour la fonction publique.

On a pu entendre, notamment dans des colloques officiels consacrés au cinquantenaire de l’ENA (1995) et du statut général des fonctionnaires (1996), des communications émanant de hauts fonctionnaires, de juristes ou de spécialistes de science administrative que l’on ne saurait inscrire sans autre examen dans la recherche historique concernant la fonction publique et a fortiori le syndicalisme des fonctionnaires.

Il en va de même de certaines études publiées par des universitaires se citant mutuellement dans une sorte de circuit fermé et s’appuyant parfois sur des témoignages unilatéraux et contradictoires qui ont prétendu analyser les positions du mouvement syndical des fonctionnaires dans les premières années du XXe siècle et dans l’entre-deux-guerres notamment dans le cadre du centenaire de la Charte d’Amiens.

Même si le champ de la recherche historique reste très largement ouvert et gagnerait à produire des études nouvelles sur certaines périodes et sur certaines questions, il existe aujourd’hui un fonds de nature à faire échec aux spéculations intellectuelles et aux instrumentalisations qui sont destinées à faire prévaloir certaines conceptions

 

 

 

 

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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Auteur

  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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