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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 09:34

Il est une idée que des auteurs « bien-pensants » d’articles et études concernant la Fonction publique s’emploient à accréditer, selon laquelle le mouvement associatif et syndical des fonctionnaires des dernières décennies du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle était hostile non seulement aux multiples projets « d’état des employés » (qu’ils oublient bien souvent de mentionner et que certains d’entre eux ne connaissent probablement pas) puis de « statuts », mais à l’idée même de statut et revendiquaient le bénéfice du droit privé.

Cette thèse simplificatrice tendant à accréditer l’idée d’une reconversion de la Fédération générale des fonctionnaires dans le contexte de la Libération, et même celle d’une sorte de « primauté » de la CFTC de l’époque dans le soutien au concept de statut, et à l’imposer comme la vision « officielle » de l’Histoire, passe à côté de la véritable pierre d’achoppement de l’histoire du syndicalisme des fonctionnaires et de ses rapports avec l’Etat pendant la première moitié du XXe siècle : le refus par les gouvernements successifs de la IIIe République et par le Conseil d’Etat de reconnaître le droit syndical (même si on avait imposé en 1924 avec le Cartel des gauches la reconnaissance de facto de la réalité sociale) et l’impossibilité pour des syndicats dignes de ce nom de souscrire à des projets de statut consacrant ce refus et exprimant des conceptions autoritaires de l’Etat.

D’autant que ces auteurs se gardent bien de citer les travaux fondés sur une étude des documents et archives et autres matériaux classiques de la recherche historique qui ne corroborent en aucune façon leurs affirmations. En ce qui concerne mes propres travaux, il suffit sans doute pour se dispenser de les citer, de se retrancher (sans le dire ouvertement) sur ma qualité d’ancien dirigeant du mouvement syndical CGT. Je me suis largement expliqué à ce sujet notamment il y a une vingtaine d’années, dans mon ouvrage Fonction publique Les points sur les i (dont le titre ne laissait place à aucune ambiguïté) et où j’écrivais ceci : « Certains pourront juger mes référence entachées de partialité, de complaisance ou d’hostilité de nature à influencer mon jugement. Cela ne m’empêchera pas d’assumer et même de revendiquer une constante fidélité tout au long de mon parcours personnel, aux motivations profondes de mon engagement et de mon action. Mais je ne me prononce pas sur la question de savoir si les origines sociales, les opinions politiques, la formation, l’activité professionnelle ou la place occupée dans la hiérarchie administrative de ceux qui me feraient ce reproche leur permettent à eux-mêmes d’y échapper. »

On pourrait ajouter que des auteurs qui ne connaissent pas le mouvement syndical (tout particulièrement celui qui se situe au niveau des problèmes généraux communs à l’ensemble des fonctionnaires) et s’expriment de seconde main en circuit fermé en se citant mutuellement ne sont pas spécialement qualifiés pour imposer leur vision des réalités historiques. Je persiste à penser que sur ce point comme sur d’autres, « la messe n’est pas dite », pour peu que ceux qui s’y intéressent commencent à élever la voix.

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Ecrit par René Bidouze René BIDOUZE
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  • : Des articles et des points de vue sur la Fonction Publique, le syndicalisme et la Commune de Paris
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  • René BIDOUZE
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.
  • En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, auteur d'ouvrages.

Eléments biographiques

  Né le 2 décembre 1922 à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques)

 

-Fonctionnaire

 Receveur divisionnaire des Impôts honoraire

 

-Dirigeant national du mouvement syndical des fonctionnaires (1958-1978)

  Secrétaire du Syndicat national des Contributions indirectes 1958-1963

  Secrétaire général de la Fédération des finances CGT 1963-1970

  Secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires (UGFF) et

  Membre du conseil supérieur de la fonction publique 1970-1978

  Membre de la commission exécutive de la CGT 1969-1975.

 

  Membre du conseil d’administration de l’Institut CGT d’histoire sociale.

 

-Directeur du cabinet du ministre de la fonction publique et des réformes administratives  (juin 1981-novembre 1983).

 

-Conseiller d’Etat en service extraordinaire (novembre 1983-novembre 1987).

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